La direction va demander (exiger?) aux près de 2000 salarié.es d’Aeroline de se soumettre à un contrôle primaire de sécurité !
Encore une fois, la direction en fait plus que ce que son client lui demande, au mépris de la vie privée des salariés.
Cela sans aucune justification, puisque les propres salariés d’Airbus ne sont pas soumis à ce contrôle. Mais il faudrait que tous les salarié.es de Sopra Steria le soit, alors même qu’ils n’ont pas tous besoin d’accéder aux sites d’airbus ou à son SI et qu’ils ne travaillent pas tous pour des projets sensibles. Loin de là, puisque cela comprend la partie « civile » d’Airbus et non de la partie militaire !
La « proportionnalité » est loin d’être évidente !
La direction SSG répond qu’Airbus est une OIV -opérateur d’importance vitale- et que cela seul justifie ce traitement. Mais heureusement, les plus de 300 OIV ne doivent pas soumettre l’intégralité de leur salarié à ce contrôle, loin de là!!! Il faudrait que des centaines de milliers de salariés en France soient contrôlés et beaucoup seraient sortis !

Pour couronner le tout, la direction fait passer cela en simple « information » du CSE (qui représente les salariés), en août, une semaine avant son application et sans fournir l’ensemble des informations !
La CFDT Sopra Steria a fait une déclaration en CSE pour alerter les élu.es, et les salarié.es :
« De qui se moque-t-on ? La direction prévient les membres du CSE la veille de la réunion d’une nouvelle procédure de sécurité intrusive pour près de 2 000 salariés de Sopra Steria Group !
Tous les salarié.es travaillant pour Airbus seront soumis à cela dès la semaine prochaine !
La direction ne fournit aucune présentation du formulaire ou des données demandées !
Dommage, quand on sait que les salariés devront fournir l’intégralité des informations de leurs réseaux sociaux, de leurs adresses mails, de leurs numéros de téléphones, nationalité de naissance, autres nationalités, année d’acquisition de la nationalité, année d’arrivée en France, …

Quant à la sécurité de l’information personnelle transitant, le nombre d’intermédiaires et les moyens de transmissions sont source de problèmes, de piratage, de divulgation d’informations, de fuites. En effet, le salarié remplit un formulaire avec de nombreuses données personnelles, l’imprime pour le signer, le scanne, scanne sa pièce d’identité, envoie le tout par mail à un « officier de sécurité » Sopra Steria, qui transfert le tout à un officier de sécurité Airbus, qui transmet à l’administration et l’Etat enquête sur le salarié. En plus des archivages sur les réseaux et outils Sopra Steria, il est bien connu qu’aucune fuite de données ne peut avoir lieu dans notre pays…
L’enquête va aller fouiller dans le passé des personnes, les erreurs de jeunesse, leur présence dans les fichiers de traçage (Traitement des Antécédents Judiciaires même en qualité de plaignant ou témoin, …), leur entourage, leur éventuelle « vulnérabilité », etc.
Et Airbus va avoir accès au résultat de l’enquête avec les éventuels retours (les « réserves ») mais le salarié, non ! Ceci n’est pas acceptable.
Quant aux conséquences d’un refus de s’y soumettre pour les salarié.es, elles sont balayées d’un « aucune sanction possible ». La réalité, c’est que le lien de subordination entraîne une pression pour les salarié.es qui ne « se sentent pas » de refuser.
Sachant qu’Airbus est le 1er client SSG et que la division Aeroline est presque uniquement sur Airbus, que vont devenir les salarié.es ? Cette incertitude seule met la pression pour remplir ce questionnaire et accepter cette enquête intrusive. Et quelles conséquences d’un refus sur leur déroulé de carrière ? Sur leur promotion et augmentation ? Ne parlons pas des salariés refusés par Airbus alors qu’ils sont en période d’essai…
Sur un sujet de cette importance, la direction glisse un point d’une heure au CSE du mois d’août ( il y avait 12 élus au moment de notre déclaration), sans aucune consultation des salariés et de leurs représentants. La direction fournit la veille une vague note de 8 diapos sans détails ni engagements. Tout ceci pour une mise en place la semaine suivante.
Ces façons de faire sont détestables . «
Si vous ne vous sentez pas concerné, en vous disant « je n’ai rien à me reprocher », détrompez-vous ! Les causes refus sont nombreuses et variées, double nationalité, divorce difficile (vulnérable / entourage), réfugié politique, …Vous devrez communiquer toutes vos adresses mails et comptes, que ce soit pour une association, pou un syndicat, un parti politique, …
La direction nous raconte que personne ne va être refusé ou vraiment « à la marge ». Pourtant, nous avons le retour d’une autre société où 2000 dossiers ont été envoyés depuis le début de l’année. Il n’y a à ce jour que 70 retours et 7 (soit 10%) sont déjà refusés ! Un salarié a même été licencié après ce refus et entre en procédure en justice.

Nos conseils :
Vous avez le droit de refuser ce contrôle!
Ou trainez !
Gagnez du temps
en attendant d’en savoir plus !

La CFDT a déjà activé ses réseaux auprès des représentants d’Airbus et d’autres entreprises. Nous essayons d’influer sur ce projet absurde, pour vous. Si vous voulez plus de garanties et d’équité, agissez ! et contactez-nous

