Chaque arbre qui brûle, nous rappelle cruellement, notre fragilité et celle de nos territoires

santé, sécurité et conditions de travail

Plusieurs régions, notamment celles de Bordeaux maintenant du Var font face à des incendies violents et à des paysages apocalyptiques. Nous sommes tous touchés et attentifs à nos collègues et à leurs proches.

Les événements climatiques extrêmes ne sont plus exceptionnels. Canicules, sécheresses, incendies, fumées, crues, inondations et ruptures d’accès touchent la vie quotidienne, la santé, la sécurité et le travail.

En France, avec une hausse des températures de 1,7C° supérieure à la moyenne mondiale, ces évènements vont s’amplifier : vagues de chaleur plus fréquentes, plus longues et plus intenses ; sécheresses fragilisant la biodiversité, les sols, les forêts, l’agriculture et l’accès à l’eau. Le risque d’incendie s’étend à des territoires non considérés comme exposés et le dérèglement du cycle de l’eau accroît les orages, les pluies intenses, la grêle, les inondations, les crues subites…

Nous ne pouvons plus ignorer les conséquences climatiques extrêmes, comme les canicules ou la sécheresse, car nous les subissons déjà ou avons vu les paysages dévastés par les incendies et les fumées. Le dérèglement est déjà là. Les habitants urbains souffrent des jours et de nuits sans fraicheur, hypothèquent leur santé par l’absence de sommeil et la pollution. L’érosion du littoral et les submersions amincissent les côtes. Les riverains des cours d’eau s’éloignent à la suite de crues récurrentes. Les axes deviennent dangereux avec les ruissellements et les éboulements. La nature et les récoltes s’épuisent sur des sols lessivés, des étendues sans haie pour nicher, la diversité se réduit et les nuisibles se multiplient.

Même si auparavant, à notre échelle, il s’agissait de restrictions empêchant de se déplacer ou de se rendre sur un site inaccessible ou un logement, de coupures d’énergie et de réseau, de qualité dégradé de l’air, jusqu’à l’interruption de mission client ou une situation familiale dégradée, aujourd’hui ces phénomènes modifient durablement les conditions de vie et de travail.

L’urgence : protéger le salarié, puis accompagner son retour

La CFDT demande des moyens pour protéger immédiatement les personnes exposées. Un salarié peut être inquiet pour ses proches, éloigné de sa famille, bloqué dans ses déplacements, privé d’un accès sécurisé à son domicile ou confronté à la dégradation de son logement. Il peut avoir des difficultés à trouver une solution d’accueil pour ses enfants, un proche vulnérable, pour mettre à l’abri des animaux et mener des démarches administratives lourdes.

La reprise doit être progressive, en particulier lorsque les sites, les domiciles ou les territoires ont été touchés, et les objectifs, délais et attendus adaptés à la situation du salarié.

Au-delà de la réouverture des sites, la direction doit s’assurer de la sécurité des salariés, de la qualité de l’air et de la mise à disposition d’équipement (masques, …) et de l’absence de danger résiduel. La capacité des salariés à reprendre leur activité en présentiel peut être empêchée en raison de problème d’accès, de la disponibilité des transports, de la possibilité de retour au domicile.

Les conséquences d’un traumatisme sur la santé sont physiques et psychiques : déshydratation, fatigue, malaise, troubles du sommeil, difficultés respiratoires liées aux fumées, stress aigu, anxiété, sentiment d’impuissance, isolement. Les stigmates présents et en mémoire : odeur de brûlé et fumée, paysage détruit, domicile abîmé, stress d’une évacuation…

Tous ces points doivent être reconnus comme des sujets de prévention à part entière et de santé au travail.

Anticiper : télétravail, repli et souplesse

Les conditions de travail sur les sites Sopra Steria, les PPR (Plans de Prévention des Risques) sur site client et Sopra Steria, et les PCA (Plans de Continuité d’Activités) doivent prendre en compte la réalité du terrain en anticipant les conséquences des événements climatiques extrêmes mais aussi les fragilités liées au territoire.

L’activité en présentiel est envisageable si les conditions sont réunies : disposition d’un point d’eau, d’espaces rafraichis ou climatisés, d’une qualité d’air contrôlée, de filtres entretenus, de zones de repli, de consignes simples et de contacts indentifés.

Le télétravail ou le lieu de repli doit pouvoir être mobilisé en anticipation même sans risque immédiat (comme une prévision de canicule de quelques jours), ou si la situation familiale impose une présence au domicile ou un éloignement de celui-ci. 

En cas de mission arrêtée, ralentie ou rendue impossible, la CFDT demande la mise en place de solutions protectrices : affectation temporaire adaptée, temps d’inter-contrat, maintien du lien collectif, accompagnement managérial et prise en compte des contraintes personnelles. 

Le télétravail doit être indemnisé systématiquement. Pas de transfert des coûts et contraintes au salarié seul.

Prévenir : une responsabilité collective

La prévention ne peut pas commencer au moment où l’alerte est rouge. L’anticipation doit devenir la règle.

La CFDT demande que les PPR et les PCA soient mis à jour et accessibles à tous et comprennent les mesures nécessaires à l’évolution climatique et ses spécificités locales.

Les demandes de la CFDT face aux défis climatiques :

  • Intégrer les risques climatiques dans tous les plans de prévention, plans de continuité et de repli, pour les sites Sopra Steria comme pour les sites clients.
  • Prévoir des mesures spécifiques pour les risques dont la chaleur.
  • Adapter les déplacements, les accès aux sites et le retour au domicile en fonction des risques annoncés.
  • Déclencher le télétravail exceptionnel en cas de force majeure.
  • Autoriser le télétravail occasionnel lorsque c’est la solution la plus adaptée pour le salarié, avec l’équipement et l’indemnisation systématique.
  • Adapter les objectifs, les délais et la charge de travail pendant et après un événement climatique.
  • Créer un collectif pour ne pas laisser les salariés isolés.
  • Maintenir la continuité des aménagements des salariés disposant déjà d’équipements spécifiques.
  • Prévoir un accompagnement spécifique après crise : écoute, soutien psychologique, reprise progressive, avec un point d’attention pour les salariés isolés.
  • Associer les Représentants du Personnelà l’évaluation des risques, aux plans d’actions dans une démarche d’amélioration continue.
  • Faciliter les engagements (Sapeur Pompiers Volontaires, …) et les actions de solidarités en soutenant les salariés qui veulent s’engager sur le terrain.
  • Étendre la possibilité des dons de jours aux engagements citoyens.

Anticiper, protéger, adapter

Protéger les salariés, ce n’est pas seulement réagir à l’urgence : c’est anticiper les crises, adapter les conditions de travail, reconnaître les impacts humains et garantir que personne ne soit laissé seul face aux risques climatiques, dans l’urgence comme dans le reconstruction.

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